Crédit immobilier : les taux reculent légèrement pour la rentrée de septembre sur fond de production en baisse

Les taux d'intérêt ont cédé du terrain en août dernier, confirmant le mouvement opéré en juillet. De bon augure pour les candidats à la propriété qui veulent concrétiser leur projet immobilier. Les banques revoient leurs barèmes à la baisse pour soutenir une demande en berne, contrecarrée par les conditions d'octroi.

Repli des taux d'emprunt en août

Selon le dernier baromètre de l'Observatoire Crédit Logement, étude qui fait référence pour tous les professionnels du crédit immobilier, le taux moyen toutes durées confondues est descendu à 1,24% en août contre 1,25% en juillet. Ce taux représente la moyenne des taux, hors assurance et coût des sûretés, accordés par les établissements financiers sur le mois concerné. Après être remontés fin mars, au début de la crise sanitaire, les taux ont repris le mouvement inverse, et cédé 4 points de base depuis juin dernier, tout en restant supérieurs de 13 points aux valeurs planchers de novembre et décembre 2019 (1,11%).

En août, les emprunteurs se sont endettés au taux brut de 1,05% sur la durée de 15 ans, de 1,20% sur 20 ans, et de 1,47% sur 25 ans, durée de remboursement désormais plafonnée par les autorités financières. L'étude mensuelle de l'Observatoire révèle que les emprunteurs les moins bien lotis (niveaux de revenus et d'apport personnel, durée du crédit) ont pu bénéficié d'une baisse de taux comparable à celle des autres emprunteurs, même sur la durée la plus longue. Ils se sont endettés à un taux de 29 points supérieur à la moyenne.

Chute de la production de crédits immobilier

Si cette baisse d'un point entre juillet et août semble anecdotique, elle témoigne pourtant d'un effort des banques à vouloir dynamiser une demande à la peine. Enclenchée avec la crise de la Covid-19, la décrue de la production de crédits s'est accentuée en mai et n'a pas retrouvé les niveaux habituels. La reprise post-confinement a été le fait d'un rattrapage des affaires interrompues depuis la mi-mars, même si les intentions d'achat des Français ont été manifestes si l’on en croît le boom des visites sur les sites d'annonces immobilières.

Entre septembre 2019 et août 2020, la production de prêts à l'habitat s'est contractée de 12,7% en termes de montant et de 13,6% en nombre de financements octroyés, en raison principalement de la chute de la demande durant le confinement. Les réseaux bancaires sont donc bien loin d'avoir rempli leurs objectifs de l'année, même si ceux-ci ont été révisés à la baisse pour cause de crise sanitaire.

Soutenir la demande grâce aux taux bas

Le niveau bas des taux d'intérêt est aujourd'hui la seule martingale pour soutenir la demande immobilière. Face aux scénarios pessimistes pour l'économie locale, les banques opèrent une sélectivité des dossiers plus fine pour mieux prévenir les risques. L'application stricte des règles des autorités financières (plafonnement de la durée de remboursement à 25 ans et limitation du taux d'endettement à 33%) a agi comme une sanction pour les clientèles les plus fragiles.

En dépit des demandes réitérées des courtiers auprès du ministère de l'Économie pour assouplir les consignes d'octroi édictées fin 2019, celles-ci fixent un cadre sur lequel les banques appuient leur volonté de maîtrise des risques. Auteur de ces règles d'octroi, le Haut Conseil de Stabilité Financière doit se réunir courant septembre comme il le fait chaque trimestre. Réaffirmera-t-il, comme il l’a fait en juin dernier, ses recommandations du 20 décembre 2020 sur les conditions d'octroi des crédits immobiliers ?


Publié le 03/09/2020